Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Rapporteur général de la commission des finances

Communication sur l’évolution du revenu des français depuis 2017

Mon action

La question du revenu, du pouvoir d’achat, du coût de la vie, est celle qui préoccupe légitimement le plus directement, au quotidien, les Français. Il n’y a pas de gouvernement qui ne doive rendre des comptes à ce sujet. C’est pourquoi, depuis 2017, la majorité présidentielle a fait de l’augmentation du revenu disponible une priorité constante et toujours renouvelée. La fin de la législature approche ; il me semble qu’aujourd’hui est le bon moment pour essayer de faire le bilan de cette politique, en posant la question suivante : la politique que nous menons depuis le début du quinquennat a-t-elle contribué à l’augmentation du niveau de vie des Français ? Si oui, dans quelle mesure et pour quelles parties de la population ?

Les réformes menées par notre majorité ont eu pour objectif d’augmenter le revenu des Français quel que soit leur niveau de vie. Grâce à cette ambition, pour la première fois depuis plus de dix ans, ces réformes ont permis d’inverser la courbe des impôts. 

Conformément au programme présidentiel et à l’engagement de notre majorité, ce sont bien les actifs occupés – les travailleurs, salariés ou non – qui ont le plus profité des réformes. Je me réjouis de voir que les études menées permettent aujourd’hui d’en apporter la démonstration. Je crois au demeurant qu’il faut apprécier ce constat de façon dynamique : cela signifie aussi qu’il est devenu plus attractif de se positionner sur le marché du travail. J’ai la conviction que c’est un bienfait sociétal majeur, en plus d’être un facteur de compétitivité de notre économie.

La politique de cette majorité a donc été une politique du revenu des classes moyennes qui travaillent. Pour autant, les plus modestes n’ont pas été laissés sur le côté de la route.

Il est trop tôt pour dresser un bilan complet de l’impact de la crise du covid19 sur le revenu des ménages, en raison des délais de l’appareil statistiques en matière sociale. Plusieurs constats peuvent cependant déjà être dressés.

Nous savons, grâce aux chiffres fournis par l’Insee, qu’au niveau global, le revenu des français a été préservé en 2020, malgré la crise économique et sanitaire, grâce au soutien public massif au revenu des ménages (dispositif d’activité partielle et fonds de solidarité notamment). Le revenu disponible brut des ménages a augmenté de 1 % en 2020 tandis que le pouvoir d’achat par unité de consommation, c’est-à-dire rapporté au nombre de personnes du ménage, a stagné en moyenne sur l’année 2020.

Evidemment, ces données globales cachent des disparités importantes en fonction des caractéristiques des ménages. Nous comprenons aisément que le revenu des retraités, qui bénéficient essentiellement de revenus de transfert, a été plus préservé, que celui des travailleurs précaires.

Les premières études le montrent : les ménages modestes actifs ont été plus exposés à la baisse de leur revenu pendant la crise en raison du secteur d’activité dans lesquels ils exercent, des caractéristiques de leurs contrats de travail, souvent moins protecteurs, et par l’impossibilité, pour beaucoup d’entre eux, d’exercer leur métier en position de télétravail. Ces ménages ont été plus souvent concernés par l’activité partielle et la baisse de salaire induite par ce dispositif a un impact proportionnellement plus important dans leur budget.

Enfin, n’oublions pas que les ménages modestes sont aussi, en plus grand nombre, composés de personnes inactives, éloignées du marché de l’emploi, et donc des mesures mises en place en premier lieu par le Gouvernement.

Plusieurs indicateurs montrent que la partie la plus pauvre de la population a été fortement touchée par la crise : les minimas sociaux ont augmenté – c’est notamment le cas du nombre de bénéficiaires du RSA qui s’est accru de 7,5 % sur l’année 2020[1]. Le recours aux banques alimentaires a été plus important en 2020, les ménages les plus modestes ont connu une baisse de leur épargne et une augmentation de leur endettement[2].

Les jeunes, qu’ils soient étudiants ou non, sont particulièrement vulnérables car ils sont plus exposés au non renouvellement de leurs contrats courts et beaucoup d’entre eux ont perdu leur emploi à temps partiel, par exemple dans la restauration. En février 2021, les embauches de jeunes de moins de 26 ans en CDI et CDD de plus de trois mois sont inférieures à celles de février 2019 et février 2020, de respectivement 10 % et 19 %. Le taux d’emploi des jeunes a reculé de 1,2 point en 2020.

 

[1] DREES, Suivi mensuel des prestations de solidarité pendant la crise sanitaire - Edition de février 2021

[2] IPP, Les impacts du budget rectificatif 2020 et du budget 2021 sur les ménages, 16 novembre 2020.

 

 

Il est important de souligner que plusieurs aides ont aussi été mises en place dans le cadre du plan de relance pour favoriser l’insertion des jeunes sur le marché du travail (contrats aidés, prime à l’embauche d’un jeune de moins de 25 ans, mesures pour l’alternance, Garantie Jeune, service civique, formations) car l’emploi reste le meilleur rempart contre la pauvreté et l’on sait qu’une insertion difficile sur le marché du travail tend à pénaliser un jeune de manière durable. Plus de 275 000 demandes d’aides à l’embauche ont été validées aujourd’hui et près de 400 000 contrats d’apprentissage ont bénéficié de l’aide exceptionnelle. Hors activité partielle, ces mesures auraient contribué à la sauvegarde ou à la création de 75 000 emplois en 2020 et près de 70 000 emplois en 2021 pour un coût de 6,7 milliards d’euros[1].

Enfin, des repas à 1 euro ont été instaurés dans les restaurants universitaires pour les étudiants boursiers depuis septembre 2020 et pour l’ensemble des étudiants depuis le mois de janvier de cette année.

 

[1] OFCE Policy Brief n°89 : « Perspectives économiques 2021-2022 : résumé des prévisions du 14 avril 2021 », Eric Heyer, Xavier Timbeau, Christophe Blot, Céline Antonin, Magali Dauvin, Bruno Ducoudré, Amel Falah, Sabine Le Bayon, Catherine Mathieu Christine Rifflart, Raul Sampognaro, Mathieu Plane, Pierre Madec, Hervé Péléraux, 14 avril 2021.


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