Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Rapporteur général de la commission des finances
Conseiller régional d'Île-de-France

Compte rendu du laboratoire législatif d’Ablon-sur-Seine

Mon action

J'organisais ce samedi 20 novembre 2021 un laboratoire législatif à Ablon-sur-Seine. En voici un compte-rendu.

Pouvoir d’achat

Les statistiques montrent qu’en France, le pouvoir d’achat à augmenté grâce aux baisses des cotisations salariales, la prime d’activité, la suppression de la taxe d’habitation, etc. La question est de savoir, est-ce que cela est ressenti par les Français. Il y a une différence entre le discours, les statistiques et le ressenti. Quel est d’après vous la mesure qui a augmenté le pouvoir d’achat qui fait lunanimité ?

Globalement, les laborantins répondent que c’est la suppression de taxe d’habitation qui s’est révélé être la mesure la plus « populaire » et ressentie par les Français. Aujourd’hui, cela peut représenter dans certains cas un gain de plus de 1000 € par an, presque 100 € par mois. Cet impôt était injuste et touchait trop fortement des classes précaires. Cependant, cette augmentation du pouvoir d’achat est mal perçu et l’on pense d’abord à un manque de communication. D’une part certains laborantins mettent en exergue le fait que le travail de journalisme a plutôt tendance à faire le travail inverse du Gouvernement. D’autres participants estiment que l’on manque d’informations personnalisées, dans un environnement individualiste. La communication des avancées économiques ou sociales sont encore trop généralisées, impersonnelles. Le citoyen n’arrive pas à se projeter dans le plan qui lui est annoncé. Par exemple : la suppression des cotisations salariales.   Dans le programme de 2017, une mesure annoncer supprimer les cotisations de chômage qui seraient ensuite financées par une hausse de CSG payées par les non-travailleurs (essentiellement les retraités). Cette mesure a permit d’augmenter tout les salaires en France, pourtant elle est aujourd’hui oubliée.

Parmi les participants, un bénévole en Ehpad met en avant le fait que le personnel de l’établissement ne ressent pas l’augmentation du Ségur de la santé. En Juin 2020, ce même personnel a reçu l’annonce d’une prime exceptionnelle pour la gestion de son établissement lors du premier confinement de la crise sanitaire. Immédiatement, une défiance envers cette annonce s’est faite ressentir, au point ou ce bénévole en Ehpad en est venu au point de demander un courrier du Député attestant de leurs éligibilité à cette prime. Avant même que cela soit officiel, des syndicats manifestaient contre le Gouvernement lui reprochant de ne pas payer de prime.

Pour aller plus loin dans l’analyse du Ségur de la santé, une autre participante, infirmière libérale de profession, affirme elle aussi que le bilan est mitigé au sein du secteur. La rupture est marquée entre celles et ceux ayant réellement ressenti un changement dans leurs salaires, leurs laissant la possibilité de travailler à une amplitude horaire moins forte pour le même salaire qu’avant et celles et ceux qui ne voient aucun changement. Cette fracture peut s’expliquer par la charge des cotisations de l’URSSAF et des caisses de retraites qui alourdissent administrativement les professions libérales, ou ces personnes sont à la fois une entreprise et une personne donc vous avez deux impôts à payer entre celui sur le revenu et l’URSSAF.

Plus récemment, on parle de la hausse des carburants, ici les participants eux-même estiment ne pas tous être impactés de la même façon. L’un des participants estime que cela correspond à une augmentation 10€ par mois, un autre plus de 60€. Le constat final revient à dire que l’indemnité inflation n’est pas une mauvaise idée, cependant brutalement le coût de la vie en général augmente et c’est la raison pour laquelle les Français ne ressentent pas l’augmentation du pouvoir d’achat.

En conclusion : le lien entre l’action du Gouvernement pour le pouvoir d’achat et les Français subit une rupture. Une défiance à l’égard du travail politique augmente et le ressenti du changement se fait plus difficilement. Le point marquant relève d’une information trop généralisée et impersonnelle.

  • En ce sens, Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, a lancé le baromètre de l’action publique afin de mettre en exergue ce qui a changé concrètement par département.

Développement durable et énergies nucléaires

En débattant sur la place des investissements étrangers en France et notamment ceux de l’Allemagne, la question du sort de notre production d’énergie nucléaire est arrivé sur la table. Très vite, les participants ont fait le constat que l’image de cette énergie est très ternie depuis des années. Le sujet principale venant de la gestion des déchêts nucléaires puisque l’on se pose encore la question de la qualité de la branche chargée de traiter ces déchêts et de leurs impacts sur la biodiversité. Dans les faits, la filiale de la gestion des déchêts nucléaires est développée et travaille avec des procédures strictes pour le traitement de ces déchêts. Aujourd’hui, le volume de déchets radioactifs produit par habitant chaque année en France correspond à moins de 500 cm3, soit le volume d’une demi brique de lait.

La stratégie française est néanmoins sur le point d’évoluer, et l’on peut très légitimement imaginer que cela se fait entre autre de par la crise sanitaire qui permet de réaliser que le nucléaire est le meilleur outil pour lutter contre l’augmentation des prix de l’énergie. Il y a 5 ans on fermait Fessenheim, aujourd’hui on projette d’ouvrir de nouveaux EPR.

L’emploi des jeunes en France

Après avoir fermé cette parenthèse, Laurent Saint-Martin a proposé aux participants d’évoquer le sujet de l’emploi et de la formation des jeunes en France.

La formation en apprentissage : le premier constat tourne autour de la formation en apprentissage. Nous sommes allés dans le bon sens en incitant les entreprises à embaucher plus d’apprentis avec la subvention de 4 000 à 8 000€. Cela dit, les participants proposent d’aller plus loin et d’aller jusqu’au modèle allemand qui forme en apprentissage (pour rappel : 86 % des élèves allemands en éducation secondaire sont inscrits dans des programmes combinant le travail et l’école). Pendant de longues années, les formations professionnalisantes ont été dévalorisées dans l’optique de créer une « génération de bacheliers ». Des laborantins remarquent des lacunes au niveau du savoir-faire artisanal à cause du retrait des jeunes des formations professionnelles. Dans un autre sens, une autre participante évoque son cas personnel : pour les embauches en stage et en contrat d’apprentissage pour certaines formations sont impossibles tant le nombre de jeunes sur le marché est important. Dans son cas personnel, elle évoque la situation d’un jeune graphiste en formation bac +6 dans l’incapacité de trouver un poste tant la concurrence est importante. Au final, de nombreux étudiants formés en graphisme ne feront pas ce métier.

La situation actuelle a ses points positifs et négatifs : le chômage chez les -26 ans diminue, nous avons aujourd’hui plus de jeunes actifs qu’avant la crise sanitaire. Cependant, nous avons encore et toujours un problème quant à la professionalisation des jeunes. Encore aujourd’hui cela reste très mal vu pour un jeune de ne pas obtenir son baccalauréat et plus généralement d’arrêter les études tôt pour aller travailler.

  • Proposition : étendre le format de l’apprentissage à tous les âges, sans forcément décerner un diplôme à la fin, pour accompagner les personnes en reconversion professionnelle et les personnes licenciées.

Plan 1jeune1solution : malgré l’efficacité du plan, beaucoup se retrouvent encore aujourd’hui sans rien. On les estime à 1 millions environ, de toutes classes sociales et qui se trouveront sans bagage si l’État n’agit pas. Pour cette raison le Gouvernement a décidé de lancer le Contrat d’Engagement Jeune, proposant une allocation de 500 € par mois et un programme d’accompagnement intensif de 15 à 20h par semaines aux moins de 25 ans sans emploi ni formation pour (re)trouver le chemin de la vie active. Ce plan sera organisé par les missions locales et/ou par Pôle emploi. Auparavant géré par les missions locales uniquement, le projet accordé à Pôle emploi permettra d’épauler et contrôler la gestion des missions locales

Éducation

Concrètement, pour vous, quels sont les changements marquants dans l’Éducation nationale ?

À cette question, la première réponse qui vient instinctivement, c’est la réforme du baccalauréat. Cette réforme fait fasse à beaucoup de contradiction sur le diplômes, les élèves s’y perdent et l’on se retrouve avec des jeunes au collège qui ne savent pas vers ou se diriger car ils n’ont pas eu assez de contact avec le monde extérieur pour faire un choix. Aujourd’hui ces jeunes avancent dans leur parcours scolaire en réflechissant à la formation et non aux métiers.

  • Proposition : étendre le stage d’observation d’une semaine à une plus longue période et plus un seul mais plusieurs stages pour donner un plus large champ de découverte aux jeunes.
  • Proposition : développer le système du mentorat au lycée. Ce système fonctionne dans d’autres pays et permet d’accompagner les jeunes entrant au lycée pour découvrir dans son intégralité le fonctionnement de l’établissement et des formations et métiers à découvrir.

 

Pour en savoir plus sur le bilan de la majorité présidentielle :

https://www.5ansdeplus.fr


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