Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Rapporteur général de la commission des finances

Interview de Laurent Saint-Martin pour LCP : "On ne sait pas assez qui détient la dette française"

Dans les médias

Dans le cadre de la présentation des enseignements de sa mission sur la dette publique, Laurent Saint-Martin a accordé une interview à la rédaction de LCP sur le sujet.

Lien vers l'interviewhttp://lcp.fr/actualites/on-ne-sait-pas-assez-qui-detient-la-dette-francaise-27547

Extraits de l'interview :

LCP / Laurent Saint-Martin : "ON NE SAIT PAS ASSEZ QUI DÉTIENT LA DETTE FRANÇAISE"

Le rapporteur général du Budget Laurent Saint-Martin doit dévoiler début juillet les conclusions d'une mission sur la dette française. Alors que le gouvernement a prévu d'emprunter massivement pour contrer les effets de la crise épidémique, le député LaREM souhaite que le Parlement débatte en toute transparence de ce sujet. Entretien.

Planche de salut ou cadeau empoisonné ? Le recours massif à l'emprunt bon marché par le gouvernement pour juguler les effets du Covid-19 et du confinement sur l'économie va porter l'endettement français à un niveau record. Selon le troisième projet de loi de finances rectificative, la dette publique atteindrait 120,9% de PIB en 2020. C'est 21 points de plus que les projections établies fin 2019, autant dire un gouffre.

"Il ne faut ni s'inquiéter, ni mettre sous le tapis" cette question, plaide Laurent Saint-Martin (LaREM). Le rapporteur général du budget mène actuellement une mission flash sur la dette, au moment où les idées pour gérer ce lourd passif (emprunt de très long terme, dette perpétuelle...) fleurissent dans le débat public. Il nous dévoile ses premières pistes de réflexion avant la publication de son rapport début juillet.

LCP.fr : Le besoin de financement de la France devrait dépasser les 360 milliards d'euros cette année. S'endetter pour surmonter la crise, c'était la seule solution ?

Laurent Saint-Martin : "C'était la meilleure solution ! Augmenter les impôts massivement n'était évidemment pas envisageable pour faire face à une crise d'une gravité exceptionnelle. Cela a demandé d'engager des montants très importants. La France a la chance d'emprunter à de bonnes conditions. Je dis 'chance' mais c'est en fait la bonne gestion du pays qui permet d'aller chercher de l'argent auprès de ceux qui nous prêtent.

On s'est rendu compte, à travers cette crise, que même en augmentant de 20 points de PIB notre endettement, la qualité de la signature française, c'est-à-dire le regard des investisseurs sur notre dette, est restée très bonne. Il y avait même sur certaines émissions de titres bien plus de demande que d'offre. Le rendez-vous avec nos créanciers a donc été fructueux pendant cette crise.

Une dette publique qui pèse 120% du PIB, c'est un chiffre jamais vu en France, très rarement en Europe. Est-ce qu'il faut s'en inquiéter ?

Il ne faut ni s'en inquiéter, ni le mettre sous le tapis. Le taux d'endettement de la France, aujourd'hui, est élevé. Comme nous pouvons nous refinancer à faibles coûts, nous aurions tort de ne pas le faire pour sauver notre économies et nos emplois, aider les publics les plus fragiles et les collectivités territoriales.

Cependant, ce n'est pas un non-sujet. Je ne pars jamais du principe qu'une dette ne se rembourse pas. Or, ce qui compte dans le Budget de l'État, ce sont les taux d'intérêts. Ou, pour le dire autrement, le coût annuel du poids de la dette par rapport aux politiques publiques.

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