Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Vice-président de la commission des finances

Mon action

Conformément à l’engagement pris pendant la campagne, Laurent Saint-Martin répond aux interpellations portée par la plateforme citoyenne « Parmement et citoyens », retrouvez- ici sa réponse sur l’extension de la vaccination obligatoire.

Madame, Monsieur,

Vous avez eu à cœur de faire connaitre aux parlementaires votre opposition à l’extension de la vaccination obligatoire. La vaccination est aujourd’hui devenu un réflexe sanitaire en direction du public infantile pour une large majorité des Français. Cependant, si le principe et l’intérêt de la vaccination sont bien compris par les Français, on constate un taux de vaccination ne permettant pas d’assurer la bonne qualité de la protection sanitaire nationale, de surcroit combiné à une dynamique baissière. (1)

La vaccination de chacun est le bien de tous.

Le premier enjeu de la vaccination concerne la préservation de la santé personnelle et la lutte efficace contre les maladies infectieuses qui peuvent toucher les individus. Cette dimension individuelle s’étend à la sécurité sanitaire des proches et des familles. La confiance dans la vaccination est d’ailleurs d’autant plus forte qu’elle implique la dimension de la communauté et de la proximité.

Des maladies telles que la rougeole, les oreillons et la rubéole sont, en effet, des maladies graves qui peuvent entraîner des complications. Elles peuvent provoquer des pneumonies, des encéphalites, des cécités, des diarrhées, des infections auriculaires, le syndrome de rubéole congénitale, ou pire, la mort. Toutes ces maladies et les souffrances qui leur sont associées peuvent être évitées grâce aux vaccins. À défaut de vaccination contre ces maladies, nous sommes inutilement vulnérables.

En protégeant efficacement, et parfois toute la vie, la vaccination joue un rôle primordial dans la lutte contre les maladies infectieuses. La dimension collective de la vaccination est essentielle : seule l’augmentation du taux de couverture vaccinale permet de contrôler la diffusion d’une maladie infectieuse. On diminue ainsi sa transmission et on réduit le risque d’épidémie. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que la vaccination évite chaque année entre 2 millions et 3 millions de décès. (2) La vaccination possède donc une dimension d’intérêt général. Son efficacité dépend directement de sa dimension collective et systématique. Ainsi que le rappelait l’Institut national de Veille Sanitaire : « Si en France la vaccination régressait, des maladies reviendraient ». (3)

Chaque faille est une menace pour la muraille sanitaire de la Nation.

En France, le taux de vaccination connait de nombreuses disparités et plusieurs facteurs explicatifs sont identifiables. Les craintes éventuelles liées aux effets secondaires est la première raison avancée par les français pour justifier leur manque de confiance. Par ailleurs, les Français connaissent mal leur statut vaccinal personnel et les recommandations liées. La confiance à l’égard de la vaccination est relative, se dessine ainsi une adhésion molle à la vaccination. (4)

Pourtant, l’efficacité n’est plus à démontrer. Avant le début de la vaccination systématique des enfants, les maladies infectieuses constituaient la première cause de décès d’enfants dans le monde. De même, l’OMS estime que, depuis le lancement de l’Initiative pour l’éradication mondiale de la poliomyélite en 1988, cinq millions de personnes qui, sinon, auraient été paralysées par le virus de la poliomyélite ont aujourd’hui l’usage de leurs jambes. (5)

Grâce à des programmes de vaccination efficaces, la plupart des habitants des pays industrialisés n’a jamais dû subir les conséquences dramatiques de maladies à prévention vaccinale. Mais cette efficacité vaccinale a produit un premier effet paradoxal : la raréfaction ou la disparation supposée des maladies infectieuses conduisent un nombre grandissant de personnes à sous-estimer la réalité ou la dangerosité de la menace. La seule maladie aujourd’hui éradiquée est la variole, officiellement depuis 1980. Si certaines maladies comme la poliomyélite ont disparu en France, elles sont encore présentes dans certains pays d’Afrique ou d’Asie. Avec le nombre croissant de voyageurs français vers ces destinations, cette maladie pourrait réapparaître et se diffuser à partir des personnes non vaccinées ou n’ayant pas effectué leurs rappels. À leur retour, celles-ci pourraient contaminer des groupes de personnes non ou insuffisamment vaccinés, et ainsi propager la maladie en France.

Le gouvernement et la majorité législative font aujourd’hui un choix de responsabilité.

Le PLFSS pour 2018 prévoit de rendre obligatoires les huit vaccins aujourd’hui recommandés. Les enfants seraient ainsi également immunisés contre la coqueluche, le virus de l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae b (Hib : responsable de méningites), le pneumocoque, le méningocoque C et les virus de la rougeole, des oreillons, de la rubéole.

En pratique, l’extension à 11 vaccins obligatoires représente 10 injections pour les enfants, étalées entre 0 et 18 mois dans la mesure où certains vaccins peuvent être combinés (DTP, coqueluche, Hib et Hepatite B ou rougeole, oreillons rubéole –ROR – par exemple).

Aujourd’hui, un nourrisson reçoit trois injections, contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTpolio) à 2, 4 et 11 mois. Pour immuniser l’enfant contre l’hépatite B, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae de type B (HIB), il n’y aura pas de piqûres supplémentaires car, pour ces infections, il existe déjà un vaccin qui combinent les six. Il y aura des injections supplémentaires obligatoires contre le pneumocoque à 2, 4 et 11 mois, le méningocoque C, à 5 et 12 mois, et le ROR (rougeole-oreillons rubéole), à 12 et entre 16/18 mois, soit dix injections au total jusqu’à 18 mois.

Ces vaccins appartiennent déjà au calendrier vaccinal actuel et la mesure ne changera rien pour près de 8 enfants sur 10. Dès lors, la dimension réellement contraignant de l’extension de l’obligation vaccinale apparait comme marginale.

Il nous faut enfin entendre les préoccupations d’une partie de la population dans ce débat. Rendre obligatoire le processus de vaccination pose ici la question de la liberté individuelle. Si j’entends le souci – et peux le partager en certaines circonstances – de conserver son libre arbitre, je tiens à rappeler qu’il s’agit ici d’un enjeu de santé publique, et que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres. Toute personne refusant la vaccination représentera de facto un danger pour autrui. Je considère ainsi qu’il n’est pas justifié de contester la vaccination obligatoire à ce motif, la santé de tous étant la priorité de notre politique publique.

La vaccination n’est pas seulement un choix personnel, elle implique la communauté nationale dans son ensemble en permettant de maintenir une situation sanitaire nationale satisfaisante et d’assurer la protection de ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons de santé.

Bien respectueusement,

Laurent Saint-Martin, 

Député du Val de Marne

1 – Couverture vaccinale. Institut de Veille Sanitaire. Septembre 2016.

2 – « Couverture vaccinale », Aide-mémoire. OMS. Juillet 2017.

3 – « Et si plus personne ne se fait vacciner ? », Vaccination Info Service. Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Mars 2017.

4 – Vaccine Confidence Project. London School of Hygiene and Tropical Medicine. 2016.

5 – Initiative pour l’éradication mondiale de la poliomyélite. OMS. 2009

La réponse sur le site de Parlement et Citoyens :


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