Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Vice-président de la commission des finances

Mon action

Cet après-midi, au lieu de poursuivre l’examen de textes de loi utiles au quotidien des Français, les oppositions de droite et de gauche ont préféré s’offrir une tribune d’opinion en plein hémicycle. Deux motions de censure, présentées par MM. Christian Jacob et André Chassaigne, ont été examinées. Prenant prétexte des agissements – incontestablement condamnables - d’un collaborateur de la Présidence de la République, ce sont en fait des discours faisant la critique de l’action du Gouvernement et de la majorité que nous avons entendus. Je ne remets pas en cause la possibilité même de déposer une motion de censure. C’est un dispositif précieux dans une République quand celui-ci est employé avec la hauteur de vue qu’il impose. Mais force est de constater que cette hauteur manquait cruellement aujourd’hui.

Si un doute persistait sur l’instrumentalisation partisane de ce qui est désormais appelé « l’affaire Benalla », les oppositions l’ont levé d’une façon pour le moins éclatante. Pourtant, ce qu’il s’est passé le 1er mai dernier imposait, plus que jamais, du discernement au sein des rangs de l’Assemblée. Les faits révélés par le journal Le Monde sont particulièrement graves et je les ai condamnés sans hésiter dès le lendemain matin des révélations, à l’occasion de ma participation à la matinale de la chaîne de télévision Cnews.

De leur côté, les oppositions ont aujourd’hui ponctué, avec ces deux motions de censure, près de deux semaines d’obstruction parlementaire. Rarement, l’Assemblée nationale n’avait été le théâtre d’un tel jeu. Et quel jeu… Alors que nous travaillions sur la réforme des institutions de la République, les oppositions se sont adonnées à une litanie de « rappels au règlement », un droit inaliénable des députés. Au final, après trois jours et plus de 300 rappels au règlement, dont les liens réels avec des points de procédure sont encore recherchés, l’examen de la réforme constitutionnelle a dû être reporté.

Tandis que les enquêtes (administrative, parlementaire et judiciaire) ont été diligentées en un temps record, les oppositions ont préféré opté pour le réflexe pavlovien politicien de l’obstruction et du blocage de notre institution. Cela a-t-il eu une conséquence sur « l’affaire Benalla » ? Nullement ! Il faut dire que tel n’était pas le but réellement poursuivi. En réalité, tout ce gâchis démocratique n’était mu que par un sentiment revanchard d’élections présidentielle et législative perdues (ce lassant procès en illégitimité qui dure depuis plus d’un an), et par la préoccupation de repousser à plus tard le vote de la réduction du nombre de parlementaires.

Cet après-midi, à l’image de ce que les oppositions donnent à voir depuis plus de dix jours, la sérénité des débats n’était pas au rendez-vous. Une fois encore, nous avons assisté au détournement des droits parlementaires. De ces motions de censure, il ne restera rien. Dans quelques années, avec le recul nécessaire, chacun pourra noter à la lecture des motions de censure présentées qu’elles apparaissent hors-sujet. Ce sont de précieuses heures de travail parlementaire perdues pour, finalement, quelques images et quelques lignes dans la presse. C’est particulièrement regrettable.

Dès ce soir, le travail de l’Assemblée nationale reprendra avec la lecture définitive du projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance. C’est ce pourquoi nous avons été élus.


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