Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Rapporteur général de la commission des finances

Transports publics franciliens : au-delà des effets de la crise, les usagers ne sont pas responsables de la gestion financière !

Mon action

 

C’est une fois la crise du Covid-19 passée que l’on pourra mesurer l’ampleur des dégâts. Cependant, ses ramifications se révèlent à mesure que la circulation du virus marque le pas. Et la situation des transports publics d’Ile-de-France illustre très justement ce constat.

Dimanche 14 juin, une tribune co-signée par plusieurs associations d’usagers des transports publics franciliens, et publiée par le Journal du Dimanche, a mis en évidence une question essentielle : qui paiera les conséquences financières de la crise sur les transports en commun ? Je rejoins les auteurs sur le point clé de ce texte. Ce n’est pas aux usagers de payer la facture de la crise du Covid-19 par le biais d’une augmentation des tarifs.

En ma qualité d’élu du Val-de-Marne, j’ai été frappé dès le début de mon mandat par les différents niveaux de satisfaction des citoyens de ce territoire à l’égard de l’offre de transports publics. Trois lignes de RER traversent ce territoire val-de-marnais : les RER A, C et D. Fréquentées, en situation « normale », par plus de 2,05 millions d’usagers par jour, elles ne recueillent pas le même degré de satisfaction, tant certaines sont le terrain de perturbations récurrentes touchant les usagers : pannes, dysfonctionnements, retards, annulations, mouvements sociaux…

Au plus fort de la crise, ces lignes dont le service est déjà perfectible, ont été très affectées, et cela est bien entendu légitime. Pendant le confinement, l’offre totale d’emport de l’établissement public Ile-de-France Mobilités a connu une baisse de 90% du trafic habituel de voyageurs. Aujourd’hui, 850 000 voyageurs le 15 mai et 1 500 000 voyageurs le 8 juin utilisent quotidiennement le réseau francilien de transports en commun, contre plus de 5 millions avant la crise. Dans la 3ème circonscription du Val-de-Marne desservie par ces trois lignes de RER, je suis un témoin régulier des inquiétudes et du mécontentement croissant des usagers liés au ralentissement de l’offre d’emport et aux dysfonctionnements persistants. Ces témoignages me sont malheureusement transmis trop régulièrement.

Les conséquences financières pour l’autorité organisatrice de mobilité, Ile-de-France Mobilités, estimées à 2,358 milliards d’euros selon la mission gouvernementale sur l’impact du Covid-19 sur les finances locales, présidée par mon collègue Jean-René Cazeneuve, seront importantes. Certaines ressources sont de fait sévèrement affectées par la crise actuelle : c’est le cas notamment du versement mobilité, puisque les indemnités d’activité partielle, auxquelles les entreprises ont eu recours massivement pour éviter les licenciements, n’y sont pas assujetties. C’est le cas également des recettes tarifaires des transporteurs, affectées par la baisse de fréquentation. 

Mais ce sont bien les usagers des territoires franciliens qui sont les premiers à souffrir de la situation. Ce sont ces femmes et ces hommes qui tous les matins prennent les transports en commun pour se rendre au travail ou pour étudier. Incontournables, les transports publics seront l’une des fondations de la reprise du travail et de l’activité économique. Le bon fonctionnement des transports jouera un rôle clé dans notre capacité à rebondir, sans compter les investissements nécessaires pour les moderniser et accélérer la transformation vers des mobilités plus durables.

Dans ces conditions, il serait inacceptable de laisser les conséquences de la crise reposer sur les épaules des franciliens usagers de ce service public au quotidien. Pour autant, chacun des acteurs impliqués dans la gestion des transports publics franciliens - Etat, région, autorité organisatrice de mobilité, sociétés exploitantes - devra prendre sa part et assumer conjointement ses responsabilités. 

Si les enjeux financiers ne seront pas écartés durant les débats du prochain projet de loi de finances rectificative, l’après-crise devra porter l’exigence d’un service public du transport francilien plus efficace, mieux géré, et doté d’une véritable stratégie soutenable pour l’ensemble de nos concitoyens concernés.


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