Laurent Saint-Martin
Député du Val-de-Marne

Rapporteur général de la commission des finances
Conseiller régional d'Île-de-France

Tribune : Croissance, emploi, les faits donnent raison à notre politique

Mon action

Alors que le Parlement s’apprête à voter la cinquième et dernière Loi de Finances de la présidence d’Emmanuel Macron, le temps est venu d’un premier bilan. Bien sûr, le quinquennat a été marqué par la plus grande crise mondiale depuis la guerre. Serait-il alors impossible de savoir si l’action économique du Gouvernement et de la majorité a ou non porté ses fruits ? La politique de l’offre que nous avons mise en œuvre en même temps qu’une plus grande justice sociale a-t-elle été utile ? Est-il possible de le dire et de l’évaluer quand la dépense publique a dû augmenter fortement pour faire face à la crise, tant sanitaire qu’économique ? Quand tous les indicateurs macroéconomiques ont été perturbés par la situation ?

En science économique, dans ce genre de situations, on dispose d’une méthode qui a fait ses preuves : la comparaison dans le temps ou dans l’espace. A-t-on connu par le passé un phénomène comparable ? On peut se reporter aux récessions passées et notamment la dernière d’entre elles, la grande crise financière de 2008. Y a-t-il un autre pays qui ait vécu la même situation que nous ? A l’évidence oui, et même plusieurs, puisqu’une pandémie est par définition mondiale.

Jusqu’à maintenant, en cas de crise mondiale, la France plongeait moins vite que les autres économies développées, grâce à ses amortisseurs économiques et sociaux mais remontait moins vite et moins haut. Comparons la trajectoire de la France et de l’Allemagne pendant et après la crise déclenchée par la faillite de Lehmann Brothers. En 2009, la France connaît une récession importante (-2,9%) mais elle est nettement moins profonde que celle de l’Allemagne qui perd 5,7 % de sa production. Les années suivantes, en revanche, l’Allemagne remonte très vite avec 4,2% de croissance en 2010 et 3,9 en 2011. Ces mêmes années, le PIB de la France ne croît que de 2 puis 2,1%. Résultat, en 2011, la production allemande aura progressé de de 3% par rapport à 2007, contre 1% seulement en ce qui nous concerne. Différence importante et répétée crise après crise… mais pas cette fois !

Avec la crise économique de 2020 en effet, et au vu des prévisions de croissance en 2021, pour la première fois de l’histoire, c’est l’inverse qui se passe. Après la bonne performance française de 2019, une chute plus importante que celle de l’Allemagne en 2020 et une plus forte reprise en 2021, la production française aura perdu seulement 1% sur la période, contre 2% pour l’Allemagne. Nous avons donc conservé davantage de nos acquis que nos voisins d’outre-Rhin.

La crise de 2020 est donc unique dans l’histoire de l’économie française et il y a une raison à cela : la structure productive du pays a profondément changé. Beaucoup reste à faire mais nous avons libéré les énergies : réforme de l’impôt sur la fortune pour continuer de taxer le patrimoine immobilier sans faire fuir les investissements, lutte contre le surimpôt avec une fiscalité à la fois moins lourde et plus juste, simplification administrative, soutien à l’innovation… tout a été fait pour permettre une croissance juste et durable et les résultats sont là.

S’ajoute à cela la réaction exceptionnelle des Français à la crise sanitaire, avec un taux de vaccination parmi les meilleurs du monde et par conséquent une économie qui peut reprendre plus rapidement qu’ailleurs. Là aussi, l’action du Gouvernement a évidemment contribué à ce succès.

La politique de l’offre, justement, c’est un peu comme la vaccination : on voit les résultats mais il y a toujours des idéologues pour expliquer que ça ne marche pas. Les cinq ans du mandat d’Emmanuel Macron ont démontré le contraire. Une fois les séquelles de la pandémie effacées, il faudra donc continuer de rendre notre pays plus fort, avec une conviction et un impératif.

La conviction est simple : il n’y a pas de partage de la prospérité sans… prospérité. Nous devons donc poursuivre dans cet effort vers une économie toujours plus compétitive alors que le monde devient chaque année plus incertain, notamment à cause de la confrontation sino-américaine, on vient d’en avoir une illustration avec le dossier des sous-marins australiens. Un enjeu important du prochain quinquennat sera certainement celui du commerce extérieur. Nous ne pouvons plus enchaîner déficit sur déficit. Tout devra être fait pour gagner ce combat.

L’impératif est celui d’une société toujours plus juste. Une crise comme celle que nous venons de vivre est toujours un moment où les équilibres bougent. Des activités hier robustes sont fragilisées. D’autres secteurs sont renforcés. Derrière ces réalités économiques et industrielles, il y a le destin de femmes et d’hommes dont les vies sont déstabilisées, bouleversées. Pour prendre un seul exemple, l’inflation qui revient en ce moment touche de manière différente les ménages modestes et les plus aisés. Charge à l’Etat d’amortir ces chocs qui ne sont bons ni pour les personnes concernées ni pour l’économie dans son ensemble.

C’est le rôle de la fiscalité et de la dépense publique. J’en ai fait mon « fer de lance » en tant que rapporteur général du budget et la majorité présidentielle y prendra toute sa part. Il faudra le faire en continuant de rendre notre pays toujours plus vertueux en matière environnementale, avec, là aussi, les soutiens adaptés aux ménages qui en ont besoin.

Beaucoup à faire encore, donc, mais avec une chance historique : l’économie française n’est plus la même aujourd’hui qu’il y a quatre ans et demi. Elle plus forte, plus résiliente, plus agile. La France et les Français n’ont pas fini de surprendre le monde.

 

Laurent SAINT-MARTIN

Rapporteur général du budget

Député LaREM du Val-de-Marne


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